Le monde sembla s’arrêter autour de la jeune femme...
Autant elle, elle se sentait perdue, déboussolée, autant les gens autour d’elle, semblaient paisibles.
Des milliers de questions se bousculaient dans sa tête, un tourbillon de points d’interrogation...
Elle n’osait bouger, elle était transie de froid malgré la température si douce et si clémente de ce mois de juin.
Soudain il lui sembla que tous les regards étaient rivés sur elle, paranoïa ou alors ces badauds l’avaient observée quand elle avait ouvert le colis. Il fallait qu’elle parte et vite.
Essayant de retrouver un semblant de calme, elle se leva lentement, d’un air qu’elle voulait naturel et se dirigea vers la bouche de métro.
Catoxique serrait très fort le colis contre sa poitrine de peur qu’il ne tombe et dévoile son contenu. Vite, il fallait qu’elle rentre chez elle, à l’abri des regards.
Heureusement, elle n’habitait qu’à deux stations de la place St Germain des Près. Sortant du métro, Cato fit de grandes enjambées jusque chez elle au 18 rue des Beaux-Arts.
Arrivée devant sa porte, elle sortit frénétiquement les clefs de son sac à main et ouvrit à la hâte. Claquant violemment la porte derrière elle, elle commença alors seulement à reprendre son souffle... Ici, dans son antre, elle se sentait enfin en sécurité...
Catoxique habitait seule dans un grand loft, meublé simplement mais avec beaucoup de goût. Les murs blancs renvoyaient la lumière qui venait de l’extérieur, seuls quelques tableaux et quelques esquisses ornaient les murs. Le tout donnait un sentiment de confort et de chaleur.
Elle y menait une petite vie paisible, tranquille mais aussi parfois bien terne. Son seul exutoire était le dessin et la photographie, grâce à ses deux passions elle s’enfuyait de son petit monde parfois étriqué. La lecture faisait aussi partie de son quotidien car elle était bibliothécaire dans une petite librairie située non loin de chez elle. Elle aimait par-dessus tout le silence des livres et ces moments où elle s’évadait à travers eux... Ses lectures lui apportaient ces moments d’évasion et d’exaltation qui lui manquaient tant dans sa vie...
Mais voilà que cette mésaventure l’emmenait vers un tout autre destin, quelque chose qu’elle ne maîtrisait pas du tout... qui lui faisait extrêmement peur mais en même temps qui l’excitait quelque peu !!
Catoxique s’assit sur son confortable canapé de cuir noir, ferma les yeux et essaya de retrouver ses esprits. Que faire maintenant?? Prévenir la police? Non, avec ses empreintes sur le couteau et le livre, personne ne la croirait, en plus, comment expliquer ce qui lui était arrivé sans passer pour une folle!!
Se débarrasser du colis compromettant?? Elle se sentait prise dans une spirale de contradictions mais en même temps elle voulait connaître la vérité… Tout d’abord, pourquoi est-ce à elle que ce Jfred avait remis le paquet?? Pur hasard, concours de circonstances ou machination diabolique??
L’esprit en ébullition, Cato essayait de comprendre, quand son regard se posa sur la couverture du livre qu’elle avait posé près d’elle inconsciemment.
« Et si je le faisais? » Ce livre était-il anodin ou contenait-il des informations pouvant l’aider à y voir plus clair?
Et cette Emmy34? Un auteur dont elle n’avait jamais entendu parler et pourtant elle en connaissait beaucoup des auteurs vu son métier...
Toute cette histoire commençait à l’intriguer au plus au point, il fallait qu’elle comprenne le pourquoi de ce qui lui arrivait, oui il le fallait...
Mais par où commençait? Elle caressait la couverture du livre et se décida, malgré sa peur de revoir le couteau ensanglanté, à l’ouvrir à nouveau.
Dans sa précipitation, le livre lui échappa des mains et tomba lourdement sur le sol.
Le couteau fut projeté un peu plus loin.
Alors que la jeune femme s’agenouillait pour récupérer l’ouvrage et le couteau, son regard fut attiré par une tâche sur la moquette blanche.
Elle tendit la main et fut surprise de découvrir une photographie en noir et blanc qui s’était échappé du livre...
Intriguée, le cœur palpitant, elle vit le visage d’une femme blonde d’une quarantaine d’années se dessinait sous ses yeux.
Retournant la photo, elle pu déchiffrer difficilement un mot, légèrement gommé, à peine lisible... « Kitinae »...
